On est resté pris!!!
J'ai eu hier ma première expérience «transport en commun en mode tempête».
J'attendais à mon coin habituel la 272. Il y avait pas mal plus de monde qu'à l'habitude. Mais je me disais que c'était juste normal, les gens devaient quitter plus tôt le travail. J'avais fait la même chose. Il était 16h10. La 272 passe d'habitude à 16h22, mais je m'attendais à un retard. Pas de panique, et puis, il faisait pas mal plus doux qu'au matin, alors ce n'était pas la peur de rester debout dehors à attendre qui me fatiguait.
Un moment donné, je commence à remarquer une suite logique.
Les bus passent, mais n'arrêtent pas.
Toutes pleines.
Il est maintenant 16h20. J'entends des dames parler entre elles, et disent qu'elles attendent depuis 15h20 la leur. Et jusqu'à date, elle en ont vu passer 2 pleines qui n'ont pas arrêté.
Je suis un gars patient, mais, avec la tournure des évènements, cet arrêt n'est pas le meilleur endroit. Je risque d'attendre jusqu'à 17h22, et ensuite il n'y a plus de 272, car c'est une express.
Je pense à la 82. Arrêt plus isolé, mais offre un avantage plus stratégique. Peu importe les conditions ou l'heure où elle arrive, le début de son parcours est l'arrêt près d'ici. Alors, même s'il y a du monde, on est pas mal garanti une place à bord, assise ou debout. Je me rends vers l'arrêt et effectivement, nous sommes environ 20 personnes à attendre. Alors, place à bord assurée!
C'est toujours amusant d'attendre la 82. Elle arrive toujours d'avance, mais quand elle arrive, elle n'est pas encore «fonctionnelle». Elle se stationne une dizaine de mètre avant l'arrêt, et le chauffeur débarque jaser avec les autres chauffeurs (s'il y en a) ou rentre dans le petit resto prendre un café. Option qu'il a choisi.
Les gens commençaient à avoir hâte d'entrer dans l'autobus. Ce n'est pas qu'il faisait froid plus qu'il fallait, mais la neige s'accumulait vraiment sur chacun. Et notre petit côté stationnaire n'aidait pas la situation.
Quand 5 minutes plus tard, il sortit, il y a eu un genre de soulagement collectif. Tout le monde entre dans la bus, il n'y a que 2 personnes debout et on part.
Le trajet est assez simple. Autoroute Laurentienne, Wilfrid-Hamel, on coupe par Vanier pour Pierre-Bertrand Nord, et on bifurque vers Des Gradins pour aboutir sur Lebourgneuf où moi je quitte. Elle continue ensuite vers les Mesnils, pour filer vers le nord au Lac-St-Charles. Elle a un bon trajet.
Rendus à l'arrêt en face de Place Fleur-de-Lys, sur Hamel, on embarque un dizaine de personnes supplémentaires, et...
on ne peut plus repartir. La bus fait maintenant du sur-place. Elle gigote. Est un peu trop balourde pour faire efficacement des manoeuvres d'avancer et reculer efficaces.
J'esquisse un laerge sourire. Je trouve ça amusant. j'aime aussi voir le découragement général qui envahit l'autobus. En température plus troublante, ça ne prend pas grand chose pour enlever toute lueur d'espoir. Les gens commencent à penser qu'ils ne rentreront pas chez eux ce soir. Il y a des soupirs, mais un genre de silence général enbarque. Comme si tout le monde retenait son souffle.
Les lumières s'éteignent. Je pense que je chauffeur a redémarrer le système. Mais il y a un sursaut. Il recommence les manoeuvres. L'autobus glisse un peu de côté. On avance d'un pied, on recule d'un pied. Tranquillement, les pieds s'allongent jusqu'à ce qu'elle arrive (avec difficulté) à reprendre un élan et on est reparti.
Cris, applaudissements, rires, joie collective.
Temps total de l'opération : 3 minutes.
Ça vous paraîssait plus long, hein? Pour les gens autour de moi, le temps s'est arrêté et nous étions en mode éternité. Moi, j'ai trouvé le tout amusant. Ça ne prend pas beaucoup pour tuer la bonne humeur. Quand les personnes ont senti qu'elles venaient de perdre la chance d'être chez-soi, tout à changé. Personne n'a pensé qu'une bus subséquente, dans 20 minutes allait être une option, ou un taxi, ou marcher pour les gens de Vanier qui habitaient à 5 minutes de là. On aurait dit que les solutions n'étaient pas possibles, cet énorme cigare métallique allaient devenir leur maison pour les 5 prochaines années.
OK, pas tant que ça, mais si vous aviez vu la joie quand on est reparti, il y avait de la panique et de la désespération authentique sur place.
Alors, ce fut ma petite aventure d'hier soir. Aujourd'hui, les rues sont mieux dégagées, alors, rien de spécial.
Bon jeudi!
J'attendais à mon coin habituel la 272. Il y avait pas mal plus de monde qu'à l'habitude. Mais je me disais que c'était juste normal, les gens devaient quitter plus tôt le travail. J'avais fait la même chose. Il était 16h10. La 272 passe d'habitude à 16h22, mais je m'attendais à un retard. Pas de panique, et puis, il faisait pas mal plus doux qu'au matin, alors ce n'était pas la peur de rester debout dehors à attendre qui me fatiguait.
Un moment donné, je commence à remarquer une suite logique.
Les bus passent, mais n'arrêtent pas.
Toutes pleines.
Il est maintenant 16h20. J'entends des dames parler entre elles, et disent qu'elles attendent depuis 15h20 la leur. Et jusqu'à date, elle en ont vu passer 2 pleines qui n'ont pas arrêté.
Je suis un gars patient, mais, avec la tournure des évènements, cet arrêt n'est pas le meilleur endroit. Je risque d'attendre jusqu'à 17h22, et ensuite il n'y a plus de 272, car c'est une express.
Je pense à la 82. Arrêt plus isolé, mais offre un avantage plus stratégique. Peu importe les conditions ou l'heure où elle arrive, le début de son parcours est l'arrêt près d'ici. Alors, même s'il y a du monde, on est pas mal garanti une place à bord, assise ou debout. Je me rends vers l'arrêt et effectivement, nous sommes environ 20 personnes à attendre. Alors, place à bord assurée!
C'est toujours amusant d'attendre la 82. Elle arrive toujours d'avance, mais quand elle arrive, elle n'est pas encore «fonctionnelle». Elle se stationne une dizaine de mètre avant l'arrêt, et le chauffeur débarque jaser avec les autres chauffeurs (s'il y en a) ou rentre dans le petit resto prendre un café. Option qu'il a choisi.
Les gens commençaient à avoir hâte d'entrer dans l'autobus. Ce n'est pas qu'il faisait froid plus qu'il fallait, mais la neige s'accumulait vraiment sur chacun. Et notre petit côté stationnaire n'aidait pas la situation.
Quand 5 minutes plus tard, il sortit, il y a eu un genre de soulagement collectif. Tout le monde entre dans la bus, il n'y a que 2 personnes debout et on part.
Le trajet est assez simple. Autoroute Laurentienne, Wilfrid-Hamel, on coupe par Vanier pour Pierre-Bertrand Nord, et on bifurque vers Des Gradins pour aboutir sur Lebourgneuf où moi je quitte. Elle continue ensuite vers les Mesnils, pour filer vers le nord au Lac-St-Charles. Elle a un bon trajet.
Rendus à l'arrêt en face de Place Fleur-de-Lys, sur Hamel, on embarque un dizaine de personnes supplémentaires, et...
on ne peut plus repartir. La bus fait maintenant du sur-place. Elle gigote. Est un peu trop balourde pour faire efficacement des manoeuvres d'avancer et reculer efficaces.
J'esquisse un laerge sourire. Je trouve ça amusant. j'aime aussi voir le découragement général qui envahit l'autobus. En température plus troublante, ça ne prend pas grand chose pour enlever toute lueur d'espoir. Les gens commencent à penser qu'ils ne rentreront pas chez eux ce soir. Il y a des soupirs, mais un genre de silence général enbarque. Comme si tout le monde retenait son souffle.
Les lumières s'éteignent. Je pense que je chauffeur a redémarrer le système. Mais il y a un sursaut. Il recommence les manoeuvres. L'autobus glisse un peu de côté. On avance d'un pied, on recule d'un pied. Tranquillement, les pieds s'allongent jusqu'à ce qu'elle arrive (avec difficulté) à reprendre un élan et on est reparti.
Cris, applaudissements, rires, joie collective.
Temps total de l'opération : 3 minutes.
Ça vous paraîssait plus long, hein? Pour les gens autour de moi, le temps s'est arrêté et nous étions en mode éternité. Moi, j'ai trouvé le tout amusant. Ça ne prend pas beaucoup pour tuer la bonne humeur. Quand les personnes ont senti qu'elles venaient de perdre la chance d'être chez-soi, tout à changé. Personne n'a pensé qu'une bus subséquente, dans 20 minutes allait être une option, ou un taxi, ou marcher pour les gens de Vanier qui habitaient à 5 minutes de là. On aurait dit que les solutions n'étaient pas possibles, cet énorme cigare métallique allaient devenir leur maison pour les 5 prochaines années.
OK, pas tant que ça, mais si vous aviez vu la joie quand on est reparti, il y avait de la panique et de la désespération authentique sur place.
Alors, ce fut ma petite aventure d'hier soir. Aujourd'hui, les rues sont mieux dégagées, alors, rien de spécial.
Bon jeudi!