Frost / Nixon

Cette fin de semaine, je me suis tapé deux films. The Curious case of Benjamin Button et Frost / Nixon. Je vais parler de celui qui m'a gardé intéressé du début à la fin. Rien contre Mr. Button, mais malgré les images et le côté féérique, j'avais l'impression de revoir ce film pour la 5e fois, même si c'était la première. Mais heureusement, on a Cate Blanchett qui a toujours un visage aussi lumineux et angélique. C'est presque pas humain cette face là.
Mais revenons-en au fait, Frost / Nixon. Comme probablement une bonne partie d'entre-vous, je connaissais un peu l'histoire de fond. Étant les voisins du nord, j'avais déjà entendu parlé du Watergate, lu sur le sujet. J'ai vu Nixon imité dans je ne sais plus combien de films et je sais aussi la disgrâce que son nom représente. David Frost, je le connais par les Monty Pythons. Si vous connaissez un peu l'histoire des Pythons, 3 d'entre-eux ont commencé leur carrière télévisuelle aux émissions de Frost. Frost est reconnu comme une personne assez imbue d'elle-même. Il est convaincu que ce qu'il touche tourne en or. La preuve, les génériques de ses émissions dans les années 60, son nom revenait 14 fois. Si vous avez l'Anthologie des Beatles, ils apparaîssent à son émission. Donc, c'est un gars qui affectionne les talk-show, les émissions de variété et d'humour. Pas nécessairement l'interviewer idéal pour un Nixon frais déchu.
C'est là que c'est intéressant. Nixon voit en lui une chance de regagner la confiance des gens et Frost voit les cotes d'écoutes et l'argent que cette entrevue peut lui rapporter. Personne n'est là pour la vérité. Au début. Frost s'entoure de spécialiste en la matière de Nixon, des gens qui ont tout à perdre parce que cette entrevue est déjà vue comme une dérision et du poison télévisuelle auquel aucune des grandes chaînes ne veut adhérer. Frost doit pratiquement tout payer de sa poche. Il a tout à perdre, ses émissions battant de l'aile à cette époque. Ses bonnes années derrière lui. Si cette entrevue floppe, sa carrière et celle de ses collègues sont aux chiottes.
La chose que les gens ne savent peut-être pas, c'est que ce film, basé sur des faits réels, est premièrement basé sur une pièce de théâtre du même nom. Quelqu'un à résumé les entrevues pour en faire une pièce de théâtre cohérente où les extraits les plus marquants des 12 heures de matériel originaux ressortent. Ce que Ron Howard (le réalisateur) en plus a fait, c'est qu'il est allé cherché les deux acteurs de la pièce pour reprendre leurs rôles dans le film. Et même si les ressemblances physiques ne sont pas les plus proches des 2 protagonistes, je pense que ce sont les représentations les plus fidèles et authentiques des deux hommes.
Le film n'essaye pas non plus de prendre parti. Il est objectif. On voit ce qui se passe des deux côtés de la médaille. Je n'en suis pas ressorti avec une haine profonde et renouvelée pour Nixon. Je pense qu'on y voit deux hommes, fragiles, dans un affrontement où un seul peut sortir gagnant, et ils le savent trop bien. Le film emprunte quelques figures de style d'un documentaire (entrevues hors contextes, voice-overs) mais n'en est pas un purement. Même si les acteurs qui y figurent sont tous facilement reconnaissables (Frank Langella, Michael Sheen, Sam Rockwell, Kevin Bacon, Oliver Platt, etc...), rien ne nous fait décrocher de l'époque et de l'histoire. Un casting incroyable.
Un film à voir. Et en plus, en prime dans les extras, on a des extraits des vraies entrevues, Frost qui relate un peu les faits, et une piste commentaire avec Howard qui est très intéressante. Saviez-vous que les endroits principaux que l'on voit dans le film ont été tournés aux endroits originaux? C'est à ce point là que Howard voulait l'authenticité.